L’appel du chemin ou l’appel de soi ?

L’appel du chemin ou l’appel de soi ?

ce besoin de partir marcher
Céline Anaya Gautier — le cri du retour, sur la Via Francigena
Allergiques aux fautes d’orthographe s’abstenir… Je me soigne, mais je fais ce que je peux et cela ne doit pas m’empêcher de m’exprimer !!!

Vous êtes-vous déjà posé ces questions ?

Qui suis-je ?Pour quoi suis-je vraiment fait·e ?Qu’est-ce que je fous là ?Quelle est ma place sur terre ?

Notre société est construite de façon telle, que nous sommes, par la transmission des valeurs de nos parents, les dépositaires de notre lignée. Mais sommes-nous réellement voués à n’être que cela ? Un simple maillon ?

Et notre être profond ?Et nos valeurs personnelles ? Les connaissons-nous ?Avons-nous déjà eu le temps de nous poser les bonnes questions ? D’aller à notre propre rencontre ?

Avons-nous vraiment fait notre crise d’adolescence ? Ce rituel de passage qui nous mène à l’âge adulte, nous libérant ainsi du joug parental. Ce rituel qui, à travers diverses épreuves, crises et rébellions, façonne tant nos espaces de liberté que nos frontières d’adulte.

Avons-nous pris le temps ? Nous a-t-on laissé prendre ce temps ? Avons-nous fait les expériences nécessaires à la connaissance de soi sans être freiné par notre entourage ou rattrapé par nos obligations ?

Trouver du travail, être le meilleur, trouver un toit, payer un loyer, trouver un conjoint, se marier, faire des enfants, subvenir à leurs besoins, penser à la retraite…

Il y a toujours de bonnes raisons pour avancer sur le chemin de la vie sans jamais cheminer vers soi.Céline Anaya Gautier

Alors, suite à la perte d’un emploi, suite à une rupture, à un burn-out ou à un pétage de plomb général, suite à la perte d’un être cher ou encore suite au simple bilan de la trentaine, la quarantaine, la cinquantaine, etc. Notre corps, notre esprit et notre âme nous disent STOP !

Arrête-toi ! Réveille-toi ! Retrouve-toi !

C’est ça l’appel du chemin… l’appel de soi !

Le premier cheminUne révélation à dix mille mètres

J’ai toujours pensé que Saint-Jacques-de-Compostelle avait été mon premier chemin, mais en préparant ma marche vers Jérusalem et en fouillant dans le tréfonds de ma mémoire, une autre vérité m’est soudainement apparue.

C’est en partant, comme hôtesse de l’air, sur un vol pour Los Angeles, que je suis tombée sur le livre Amkoullel l’enfant Peul et, posé tout à côté de lui, son deuxième tome Oui mon commandant. Ce fut pour moi, qui ne connaissais pas du tout l’Afrique, une révélation.

Après les avoir dévorés, je décidai de prendre mon sac à dos et de partir sur les traces de leur auteur, l’écrivain Amadou Hampaté Bâ. J’ai traversé le Pays Dogon, longé les falaises de Bandiagara à pied, contemplé les merveilleux paysages de baobabs, je suis partie à la rencontre des Peuls, des Dogons et, à travers eux, de moi-même. J’ai cherché chacune des villes, des villages, des coins et des recoins qu’Amadou Hampaté Bâ avait, minutieusement et avec amour, pris le temps de décrire dans ces ouvrages.

À l’époque, je n’étais ni photographe, ni écrivaine. Je détestais écrire, car à l’école, on m’avait répété des centaines de fois que j’étais nulle en français, et je n’avais pour ainsi dire jamais pris d’appareil photo dans les mains. La seule chose dont j’étais sûre, c’est que j’étais avide du monde et de ses différentes cultures. C’est pour ça que j’étais devenue hôtesse de l’air.

À mon retour à Paris, je suis arrivée à l’aéroport d’Orly, il pleuvait des cordes. Je n’étais pas encore consciente du bouleversement qui grondait en mon intérieur. Trois mois de liberté et de rencontre avec moi-même m’avaient perturbée, retournée, alors il m’était impossible de reprendre le travail.

J’ai appelé ma mère de l’aéroport et j’ai décidé de démissionner sur un coup de tête. Le soir même, je prenais un avion pour le Pérou. Ma famille était inquiète… C’est sûr, j’ai toujours été un peu décalée, mais là, c’était le pompon et le summum de l’irresponsabilité.

Je sentais au fond de mes entrailles que j’étais vouée, comme le disait si bien mi abuelita Bertha, à autre chose, et que je devais chercher.Mi abuelita Bertha

Pas grave ! Chercher quoi ? Aucune idée. Mais il était certain que j’étais en chemin pour le découvrir.

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Et toi, entends-tu déjà le chemin qui t’appelle ?
— Céline, en quête de soi…

Céline Anaya Gautier

Céline Anaya Gautier

Autrice (Flammarion, Le Passeur), photographe et marcheuse. 16 chemins de Compostelle, 23 000 km, fondatrice de la Via Magdalena.

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